Carol Lamport, chanteuse et coach vocal : « Ralentir pourrait résoudre bien des choses »
Parlez-nous de ZAMETROTAR.
Ce projet né il y a cinq ans, presque intuitivement. Tout a commencé par des rêves. Je me réveillais avec des fragments de mélodies et des titres en tête. J’ai d’abord écrit des chansons, sans envisager un spectacle. Progressivement, une cohérence s’est imposée. Le projet s’est nourri d’une forte dimension autobiographique. J’y ai ensuite insufflé davantage de poésie, de romance et de fantaisie. Le personnage central, « Elle », peut représenter toute femme, à différentes étapes de sa vie.
ZAMETROTAR aborde des thèmes autour de la santé mentale. Pourquoi ce choix ?
Ces thèmes sont directement liés à mon expérience. Ces dernières années, j’ai traversé des moments difficiles, notamment à travers une thérapie, et accompagné mon mari qui souffre de troubles bipolaires. La santé mentale reste un sujet souvent invisible, encore tabou. Pourtant, elle concerne de nombreuses personnes, y compris en entreprise où le burn-out est fréquent mais rarement exprimé. Il est essentiel de mieux comprendre ces réalités et de les mettre en lumière pour accompagner ceux qui en souffrent.
Le spectacle mêle musique, récit personnel et arts visuels avec les œuvres de votre mari, Pascal Lagesse. Comment est née cette collaboration ?
Pascal et moi, nous nous sommes rencontrés en 2001 sur un projet artistique et l’art fait partie intégrante de notre quotidien. Cependant, ZAMETROTAR est notre première création commune d’une telle ampleur. J’ai souhaité intégrer son univers visuel au spectacle. Puis, nous y avons ajouté la contribution de Frédéric Antoinette, spécialiste de l’animation, qui a donné vie à nos idées. Le projet comprend 13 chansons accompagnées de séquences animées. Pascal a réalisé près de 800 illustrations, entièrement dessinées à la main sur tablette, dans son style « Zafer ». Ce travail colossal donne naissance à un spectacle multimédia unique à Maurice, mêlant chant, théâtre et animation.
Quel message principal souhaitez-vous transmettre au public ?
Le message est contenu dans le titre, « ZAMETROTAR », qui signifie « jamais trop tard ». Le spectacle rappelle qu’une décision, comme entreprendre une thérapie, ne suffit pas : elle doit être suivie d’actions concrètes. Le changement demande du courage, de la persévérance et impacte aussi l’entourage. Mon propre parcours en est la preuve : chaque jour a été un combat pour aller au bout de ce projet.
En quoi le soutien d’entreprises comme le groupe Eclosia est-il essentiel pour ce type de projet ?
Ce soutien est déterminant. En tant que coach vocal, je constate que beaucoup de personnes en souffrance expriment leurs émotions à travers leur voix. Nous avons sollicité une trentaine d’entreprises. Cinq, dont Eclosia, ont répondu positivement. Cet engagement témoigne d’une volonté de contribuer au bien-être et à la culture à Maurice. Il rappelle aussi que derrière chaque organisation, il y a des individus, avec leurs émotions et leur vécu, qui enrichissent l’entreprise.
Vous avez proposé une représentation spéciale et gratuite le 26 mars pour des femmes issues d’ONG. Pouvez-vous nous en dire plus ?
En plus des représentations payantes, nous avons souhaité offrir une séance à des femmes engagées au sein d’ONG. Elles incarnent pleinement l’esprit de ZAMETROTAR : celui de la résilience et du choix d’une vie meilleure. Grâce au soutien de partenaires, dont Small Step Matters, une vingtaine d’ONG vont assister gratuitement au spectacle. C’est important pour moi de leur offrir cette expérience, surtout que beaucoup n’ont jamais assisté à un spectacle.
Pourriez-vous résumer ZAMETROTAR en deux lignes ?
C’est une invitation à accepter le temps nécessaire au changement. Dans un monde où tout va très vite, ralentir pourrait résoudre bien des choses.