Ousman Deenmahomed : toujours branché sur le changement
À 10 ans, Ousman Deenmahomed découvre l’électricité d’une manière qu’aucun manuel ne recommande : il introduit une fourchette dans une prise. Décharge immédiate. Heureusement, il s’en sort sans trop de mal. Mais au lieu de simplement retenir la leçon, il veut comprendre. Qu’est-ce que le courant ? Comment ça marche ?
La suite est plus prudente, mais tout aussi curieuse. Pendant que d’autres enfants jouent au football, Ousman démonte et répare les ventilateurs, radios et blenders de la maison. Après le collège, il fait souvent un détour par l’atelier de soudure familial pour observer et donner un coup de main. Ses parents voient bien que ce n’est pas une lubie et l’inscrivent à des cours à temps partiel en électronique et en mécanique. Il se formera ensuite à la réfrigération.
La fourchette, elle, peut enfin reprendre une carrière normale dans la cuisine. Aujourd’hui âgé de 30 ans, Ousman vient de franchir une nouvelle étape chez Avipro Processing : il a été promu Team Leader. Son parcours dans l’entreprise commence le 24 avril 2018, à 22 ans. Titulaire d’un diplôme en Electrical Engineering, il rejoint la maintenance en réfrigération. Un an plus tard, il devient Senior Technician.
Son métier se joue surtout sur le terrain. Il faut comprendre une panne, tester, ajuster, réparer, parfois modifier une installation. À ses débuts chez Avipro, Ousman apprend beaucoup par lui-même pour maîtriser les machines. Deux mois après son arrivée, il travaille déjà sur des projets techniques, comme des modifications du condenseur et du spiral freezer.
Aujourd’hui, il encadre trois personnes et veille au système de froid du Processing. C’est un savoir-faire d’autant plus précieux que la maintenance industrielle manque de main-d’œuvre. Et le besoin ne va pas diminuer. Le futur Processing d’Avipro, attendu fin 2027, sera plus grand, plus automatisé et plus technologique. Il intégrera des équipements d’une nouvelle génération.
Ousman, lui, ne voit pas ces évolutions comme une source d’inquiétude. Il les considère comme faisant partie du métier. « Je me suis habitué au changement. Dans notre domaine, il y a toujours quelque chose qui évolue », explique-t-il. « Le changement fait partie de mon métier. » Il envisage même de suivre des cours d’intelligence artificielle à ses frais pour mieux comprendre les technologies qui arriveront dans le nouveau Processing.
C’est peut-être là que son parcours parle le mieux aux jeunes. La maintenance industrielle ne consiste pas seulement à réparer une machine cassée. Elle touche à l’électricité, à la mécanique, au froid, à l’automatisme et à la plomberie. On travaille avec ses mains, mais aussi avec sa tête. Et surtout, on ne finit jamais vraiment d’apprendre.
Ousman a déjà son prochain objectif : devenir Maintenance Manager. Son conseil à ceux qui voudraient suivre cette voie ? « Il faut persévérer si on veut réussir dans ce domaine, » dit-il.Depuis sa première rencontre mouvementée avec une prise électrique, le courant, chez lui, n’a finalement jamais cessé de passer.