Recyclage : une dynamique collective à accélérer à Maurice
À Maurice, le recyclage n’est plus seulement une question environnementale : c’est un choix collectif qui engage notre avenir. Réunis le 18 mars à Odysseo à l’occasion de la Journée mondiale du recyclage, acteurs publics, privés et institutionnels ont partagé un constat commun : le pays dispose déjà des solutions, mais doit désormais franchir un cap. Organisé par PIM Recycling et WeCycle – deux entités engagées dans l’économie circulaire – l’événement a mis en évidence la nécessité d’agir de manière plus coordonnée.
Pour Eric Corson, Directeur Général de PIM Recycling, le recyclage dépasse largement le cadre industriel. « Le recyclage est une question de survie de nos océans. Pour avancer, des réglementations doivent voir le jour, comme celle du tri à la source. » Derrière cette affirmation, une réalité : sans une chaîne complète - du tri à la transformation - les résultats resteront limités.
Cette question de chaîne et de passage à l’échelle est justement au cœur des enjeux évoqués par WeCycle, filiale du groupe Eclosia. Son Directeur Général, Yannick Merven, rappelle que le potentiel local est encore largement sous-exploité. « Aujourd’hui encore, plus de 70 000 tonnes de carton finissent à Mare Chicose alors qu’elles pourraient être recyclées. » Autrement dit, les capacités existent, mais leur activation dépend d’un environnement plus structuré.
Ce lien entre action locale et impact global trouve un écho particulier à Odysseo. Dans ce lieu dédié à la sensibilisation, Caroline Rault, Présidente d’Odysseo Foundation et Chief Sustainability Officer d’Eclosia, rappelle pourquoi la mobilisation doit être collective. « 80 % des déchets retrouvés en mer ont été jetés sur terre : recycler c’est aussi préserver l’océan ». Une donnée qui relie directement les gestes du quotidien à la préservation des océans.
Dans ce contexte, la question économique s’impose naturellement. Pour Kevin Ramkaloan, CEO de Business Mauritius, l’économie circulaire n’est plus un sujet périphérique. « La gestion des déchets est aujourd’hui un enjeu économique, réglementaire et stratégique ». Elle devient un levier de compétitivité, mais aussi de résilience dans un environnement mondial incertain.
Présent à l’événement, Arvin Boolell, ministre de l’Agro-industrie, de la Sécurité Alimentaire, de l’Économie Bleue et de la Pêche, a rappelé que des avancées sont en cours, tout en posant les conditions de leur réussite. « Dans le nouveau projet de loi, il y aura des dispositions pour le recyclage, mais pour que cela fonctionne, il faut que le tri commence à la maison et que tous les acteurs agissent ensemble ». Une manière de souligner que la réglementation doit s’accompagner d’un changement de pratiques.
Au fil des interventions, un fil conducteur s’est dessiné : les initiatives existent, les acteurs sont engagés, nombreux et de toute taille - comme le présente le film réalisé par PIM Recycling et WeCycle, « Ce que nous sauvons ». Mais l’impact dépendra de la capacité à aligner efforts individuels, politiques publiques et ambitions économiques.