Santé mentale au travail : Eclosia appelle à être attentif pour agir avant la rupture

juin 18, 2026

La santé mentale n’est plus un sujet dont on parle à voix basse. Réunis mardi dernier au Hennessy Park Hotel, quelque 160 collaborateurs issus de différents métiers et niveaux hiérarchiques du groupe Eclosia ont participé à l’atelier Enjeux. Il était consacré à la santé mentale, une question devenue incontournable dans le monde du travail. Au cœur des échanges : la prévention, l’écoute et la responsabilité collective.

 


Pour ouvrir la rencontre, Gina Casset, Head of Counselling & Well Being à Eclosia, a invité l’assistance à revoir sa perception de la santé mentale. Trop souvent associée à la maladie ou à la dépression, elle est avant tout, selon elle, un équilibre qui permet de faire face aux défis du quotidien sans épuiser ses ressources. « La santé mentale, ce n’est pas l’absence de difficultés », a-t-elle rappelé.

 


À travers l’exemple de « Sophie », une collaboratrice fictive confrontée à une surcharge de travail et à un deuil personnel, Gina Casset a illustré la manière dont une personne peut progressivement basculer de l’équilibre à la vulnérabilité. D’abord performante et engagée, Sophie commence à dormir moins, à s’isoler, puis à commettre des erreurs avant de finir en arrêt maladie. Un scénario qui, selon elle, n’a rien d’exceptionnel. « L’histoire de Sophie, si on y pense, on en a vécu dans nos entreprises », a-t-elle fait remarquer.

 


Cette évolution se fait rarement du jour au lendemain. Les signes existent, mais ils passent souvent inaperçus. « Plus tôt on repère les signes, le mieux c’est pour agir », a insisté Gina Casset, rappelant l’importance d’être attentif aux changements de comportement, à l’isolement ou encore à une fatigue persistante.

 


Les chiffres présentés montrent d’ailleurs que le phénomène est bien réel. Depuis la sortie de la pandémie, le nombre de suivis assurés par l’unité de counselling du groupe est en hausse constante. Le besoin concerne désormais toutes les catégories de collaborateurs, des ouvriers aux cadres, ainsi que toutes les générations.

 


Pour Gina Casset, cette évolution s’explique notamment par des environnements de travail devenus plus exigeants : hyperconnexion, accélération des rythmes, changements permanents et pression croissante. « Aujourd’hui, le cerveau ne s’arrête jamais », a-t-elle expliqué, comparant celui-ci à un téléphone portable fonctionnant avec trop d’applications ouvertes en même temps.

 


Dans un second temps, cet Enjeux s’est poursuivi avec un panel réunissant Gina Casset, Nazia Hajee Abdoula, Certified Meta Coach et Neuro Semantics Trainer, et Cédric de Spéville, CEO du groupe Eclosia. Lors de cet échange, Nazia Hajee Abdoula a invité l’assistance à réfléchir à la notion de sécurité psychologique, concept développé par les chercheurs en management et largement popularisé par Amy Edmondson de la Harvard Business School.

 


La sécurité psychologique est la capacité, au sein d’une équipe, à s’exprimer librement, à partager ses idées, ses doutes ou ses erreurs sans peur d’être jugé ou pénalisé. En s’appuyant sur l’exemple de la catastrophe de la navette Columbia, Nazia Hajee Abdoula a montré comment le silence peut entraîner des conséquences dramatiques. « La sécurité psychologique permet de sauver des vies parce qu’elle donne la permission de parler », a-t-elle affirmé.

 


Invité à partager son expérience personnelle, Cédric de Spéville, a partagé que l’un des principaux signaux d’alerte apparaît lorsqu’il ressent le besoin de se replier sur lui-même. « La communication et le fait d’arriver à verbaliser de manière bienveillante, ça change tout », a-t-il confié.


À la question de savoir si les émotions ont leur place dans l’entreprise, sa réponse a été sans équivoque : « On ne peut pas faire abstraction de nos émotions. Essayer de ne pas les voir serait une grave erreur. »





Au fil des discussions, un message commun s’est dégagé : la santé mentale ne relève ni des ressources humaines, ni des managers, ni des collaborateurs seuls. Elle est une responsabilité partagée qui se construit au quotidien, dans la qualité des relations, la capacité à demander de l’aide et l’attention portée aux autres.

Si l’atelier a permis d’apporter des outils et des pistes de réflexion, il a surtout rappelé une évidence souvent oubliée dans le rythme des organisations : derrière chaque fonction, chaque objectif et chaque indicateur de performance, il y a d’abord une personne. Et comme l’a résumé Gina Casset, le changement commence peut-être simplement par « one conversation at a time ».